Au Service Social Maritime, les travailleurs sociaux accompagnent les marins et leurs familles à chaque étape de leur parcours. À Lorient, David Rolland, assistant de service social depuis cinq ans au sein du SSM, exerce auprès d’un public particulièrement diversifié : pêcheurs, conchyliculteurs, marins du commerce, salariés à terre et pensionnés. Dans cet épisode du P’tit Flot d’infos, il revient sur son métier, fondé avant tout sur l’écoute, la confiance et l’accompagnement des projets de vie.
Comprendre la situation avant de chercher des solutions
Si les marins sollicitent souvent le service social pour des questions de santé ou de compatibilité avec leur activité professionnelle, les problématiques abordées dépassent largement le cadre du travail.
Difficultés financières, situations familiales complexes, addiction, séparation, préparation à la retraite ou reconversion professionnelle : chaque situation est unique et nécessite une approche personnalisée.
Pour David Rolland, la première étape consiste toujours à comprendre où en est la personne :
« Très souvent, les réponses existent déjà. Le fait de pouvoir les formuler permet d’ordonner la pensée, de souffler et de prioriser les démarches à entreprendre. »
L’objectif n’est pas d’apporter une solution toute faite, mais d’aider chacun à prendre du recul, identifier ses ressources et construire un projet adapté à sa réalité.
Faire émerger les leviers d’action
Parmi les situations rencontrées, certaines concernent des marins confrontés à des phénomènes d’addiction, avec des conséquences sur leur santé, leur budget ou leur vie familiale.
Dans ces accompagnements, le travail consiste souvent à aider la personne à identifier les causes profondes de ses difficultés et à reprendre confiance dans sa capacité d’action.
« À partir du moment où les personnes sont convaincues de l’origine de leurs difficultés, il devient beaucoup plus simple de travailler dessus », explique-t-il.
Le service social met alors à disposition différents outils, dispositifs et partenaires, mais c’est toujours la personne accompagnée qui reste actrice de son parcours.
Un métier basé sur la confiance
Pour David Rolland, la confiance est au cœur de la relation d’accompagnement.
Cette confiance repose notamment sur le respect du secret professionnel et sur une écoute bienveillante, sans jugement.
Le travailleur social devient alors un interlocuteur privilégié capable d’accompagner les marins sur la durée : lors de la naissance d’un enfant, d’une maladie, d’une séparation, d’une perte d’emploi ou encore au moment de la retraite.
« Nous accompagnons nos bénéficiaires tout au long de la vie », rappelle-t-il.
Cette continuité crée un lien particulièrement fort avec les gens de mer, un public qu’il décrit comme attaché à des valeurs de solidarité, de liberté et de fidélité.
Accompagner les transitions de vie
Le passage de la vie embarquée à une vie davantage tournée vers la terre constitue souvent un moment délicat.
Qu’il s’agisse d’une inaptitude, d’une reconversion ou de la retraite, de nombreux marins se retrouvent confrontés à un changement profond de repères.
Habitués à l’autonomie, à l’action et à l’intensité de la vie en mer, certains éprouvent des difficultés à s’adapter à un quotidien plus sédentaire.
Le rôle du SSM est alors d’élargir le champ des possibles et d’accompagner ces transitions en tenant compte du rythme propre à chacun.
Les petites victoires qui donnent du sens
Parmi les souvenirs marquants de sa carrière, David évoque le parcours d’un marin devenu veuf, dont la situation s’était rapidement dégradée jusqu’à l’isolement, l’addiction et la perte de logement.
Après plusieurs années d’accompagnement et grâce à la mobilisation de nombreux partenaires, cet ancien marin a pu retrouver un logement, reconstruire sa vie personnelle et sortir des addictions.
« Aujourd’hui, je l’ai revu avec le sourire, le regard franc, heureux de là où il en est arrivé », raconte-t-il.
Ces évolutions, parfois longues et progressives, constituent les plus grandes satisfactions du métier.
Un réseau au service des marins
Au-delà de l’accompagnement individuel, David Rolland intervient également en tant que référent auprès de plusieurs entreprises maritimes.
Ce rôle lui permet de faciliter les liens entre employeurs, salariés et partenaires du territoire afin d’accompagner les parcours professionnels et les situations sociales.
Qu’il s’agisse de préparer une fin de carrière, de favoriser une mobilité professionnelle ou de prévenir certaines difficultés au sein des équipages, le réseau constitue un levier essentiel de l’action du SSM.
« N’hésitez pas à nous appeler »
À celles et ceux qui hésiteraient encore à contacter le Service Social Maritime, David adresse un message simple :
« À partir du moment où vous vous posez la question, appelez. Nous saurons vous écouter, vous renseigner et vous accompagner. »
Présents au plus près des ports, des entreprises et des équipages, les travailleurs sociaux du SSM interviennent pour les marins, mais aussi pour leurs familles.
Et comme le rappelle David avec le sourire, les meilleurs ambassadeurs du service restent souvent les marins eux-mêmes : lorsqu’un accompagnement porte ses fruits, l’information circule rapidement de pont en pont.
Parce qu’au-delà des dispositifs et des démarches, le cœur du métier reste avant tout l’humain, la confiance et la conviction que chacun possède en lui les ressources nécessaires pour avancer.
